Chaque jour en France, des travailleuses et travailleurs meurent en allant gagner leur vie.
Chaque jour, des familles sont brisées, des collègues sont traumatisé.es, des vies sont détruites.
Pourtant, ces morts restent largement invisibles. Elles ne font pas la une de l’actualité. Elles ne provoquent ni minute de silence nationale ni plan d’urgence gouvernemental.
Les chiffres officiels sont pourtant accablants : près de 1 300 personnes meurent chaque année en France à la suite d’un accident du travail, d’un accident de trajet ou d’une maladie professionnelle. Cela représente près de trois morts par jour.
Et derrière ces morts, il y a une réalité massive : plus de 600 000 accidents du travail chaque année.
Ce carnage social n’est pas une fatalité. Il est la conséquence directe d’un système où la rentabilité passe avant la santé et la sécurité des travailleurs.euses.
Suppressions de postes, sous‑traitance en cascade, explosion de l’intérim, pression sur les délais, affaiblissement de l’inspection du travail, disparition des CHSCT… Depuis des années, gouvernements et patronat démantèlent les protections collectives qui permettaient de prévenir les accidents.
Résultat : les travailleurs paient le prix fort.
Dans notre département, la situation est particulièrement préoccupante.
La Haute-Savoie est l’un des territoires les plus accidentogènes de la région en raison du poids de secteurs comme le BTP, l’industrie et la logistique, où les risques sont élevés.
En 2025, au moins quatre travailleurs.euses ont déjà perdu la vie dans des accidents du travail dans le département, notamment sur des chantiers.
Ces drames s’inscrivent dans une réalité plus large : les accidents graves et mortels touchent particulièrement les travailleurs récemment embauchés, près de 15 % d’entre eux survenant dans les trois premiers mois d’emploi.
Dans un territoire marqué par la pression économique, la multiplication des chantiers et l’explosion de la sous-traitance, les travailleuses et travailleurs paient trop souvent le prix de la course à la productivité.
Les travailleurs.euses de moins de 25 ans sont deux fois et demi plus exposés aux accidents du travail que l’ensemble des salarié.es.
Apprentis, alternants, jeunes embauchés : ce sont souvent eux que l’on envoie sur les tâches les plus pénibles et les plus dangereuses.
Mais la situation devient encore plus absurde lorsque l’on expose des mineurs au monde du travail dans le cadre des stages dits « d’observation ».
Chaque année, des collégien.nes et des lycéen.nes sont envoyés dans des entreprises alors qu’ils ne sont ni formés, ni protégés.
Pour la CGT, c’est inacceptable : ces stages d’observation doivent être supprimés.
Le 28 avril est la journée internationale de commémoration des victimes du travail. C’est un moment pour rendre hommage aux travailleurs et travailleuses mort.es ou brisé.es par leur travail, mais aussi pour rappeler une vérité simple : ces morts pourraient être évitées.
NOS REVENDICATIONS:
• Rétablir les CHSCT, véritables instances santé‑sécurité dans les entreprises et établissements
• Renforcer les moyens de l’inspection du travail
• Sanctionner réellement les employeurs responsables d’accidents graves ou mortels
• Mettre fin à la sous‑traitance en cascade et à la précarité
• Garantir une véritable formation à la sécurité pour les jeunes travailleurs.euses
• Interdire les travaux dangereux pour les mineurs
• Supprimer les stages d’observation en entreprise pour les collégien.nes et lycéen.nes
Les chiffres du carnage social France :
• Environ 690 000 accidents du travail par an
• Plus de 600 000 avec arrêt de travail
• Près de 1 300 morts liés au travail chaque année
• Environ 3 morts par jour
Haute‑Savoie :
• Plus de 6 000 accidents du travail chaque année
• Plusieurs accidents mortels recensés chaque année
• Secteurs particulièrement touchés : BTP, industrie, transport/logistique, intérim

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